Capter la neige pour mieux résister aux sécheresses
- rqes
- 20 janv.
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Dernière mise à jour : 21 janv.
|Le Devoir|
À Sainte-Luce, au Bas-Saint-Laurent, la neige n’est plus vue comme un obstacle, mais comme une alliée essentielle pour assurer l’approvisionnement en eau potable. Depuis plusieurs années, la municipalité mise sur des solutions inspirées de l’agroécologie, notamment l’installation de brise-vent amovibles visant à favoriser l’accumulation de neige sur les terres agricoles situées au‑dessus de son aquifère. Cette neige, en fondant au printemps, permet la recharge des nappes phréatiques, un processus crucial dans un contexte de changements climatiques, de diminution du couvert nival et de pression croissante sur les ressources en eau. Bien que modestes en apparence, ces aménagements ont permis de capter l’équivalent de un million de litres d’eau, soit l’équivalent de 13 heures de consommation municipale, ou d’une trentaine de camions citernes. Cela illustre le potentiel de mesures simples, peu invasives et complémentaires à d’autres stratégies pour renforcer la résilience des collectivités face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents.
L’exemple de Sainte-Luce illustre de façon concrète comment l’aménagement du territoire peut devenir un levier stratégique pour la gestion municipale de l’eau souterraine. En favorisant l’accumulation de neige sur les terres agricoles situées dans la zone de captage, grâce à des brise-vent amovibles et à des aménagements agroécologiques, la municipalité agit directement sur la recharge de son aquifère, qui assure l’alimentation en eau potable de la population. Cette approche met en évidence l’importance d’intégrer la protection des zones de recharge et les processus naturels, comme la dynamique nivale, aux outils de planification territoriale et de développement. Dans un contexte de variabilité climatique, de croissance démographique et de pression accrue sur les ressources en eau, de telles mesures démontrent que des interventions adaptées au territoire peuvent renforcer la résilience des systèmes municipaux d’approvisionnement et soutenir une gestion durable et préventive de l’eau souterraine.
En octobre dernier, la municipalité a octroyé un financement à Terre-Eau pour lancer un projet de recherche avec l’Université du Québec à Rimouski. Grâce à l’argent de la municipalité, un étudiant à la maîtrise sera recruté pour étudier l’effet des brise-vent grâce, notamment, à des données satellitaires.

En complément: https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-04-05/planete-bleue-idees-vertes/recolter-de-l-eau-avec-une-barriere-a-neige.php





